1. Les faiblesses de la chaîne logistique étendue
Au cours des 20 dernières années, les entreprises ont étendu leur chaîne logistique pour réduire le coût des produits vendus (CPV), tout en tirant profit des capacités de production des pays à faible coût (pensons à la Chine, à Taïwan ou au Bangladesh). Dans la plupart des cas, les réductions de coûts ont largement compensé l’allongement des délais et l’augmentation des niveaux de stocks.
Le retour du balancier s’était déjà amorcé avant la pandémie, certaines entreprises ayant relocalisé (à peu près) leurs activités. Nombre d’entre elles avaient compris que les chaînes logistiques étendues ne répondaient pas aux demandes en constante évolution des consommateurs. Par exemple, les États-Unis ont lancé des initiatives de relocalisation pour ramener les capacités de production en Amérique du Nord et réduire le chômage.
Avec la crise sanitaire, de nombreux pays, comme les États-Unis et le Canada, ont identifié des industries stratégiques – équipement de protection individuelle (EPI), vaccins, aliments, micropuces, etc. – pour lesquelles ils veulent s’assurer de disposer d'une base d’approvisionnement locale, solide et sûre.
Plus récemment, les catastrophes naturelles, les conflits géopolitiques, la guerre tarifaire et l’économie mondiale obligent également les entreprises à remettre en question leurs chaînes logistiques étendues. Par conséquent, nous assistons à la construction ou à la réouverture d’installations de fabrication en Amérique du Nord, combinée à des initiatives gouvernementales pour stimuler la production locale.
2. La reconfiguration du réseau
Les habitudes de consommation ont radicalement changé au cours des dernières années, la pandémie ayant accéléré bon nombre de tendances que nous observions déjà :
- Commerce électronique : Les habitudes d’achat ont radicalement changé, faisant exploser les ventes en ligne. Ainsi, les détaillants ont dû revoir leurs stratégies de mise en marché pour passer de la distribution traditionnelle à des réseaux adaptés à la multiplication des canaux.
- Distribution accélérée : Sous l’impulsion du commerce en ligne et d’Amazon, les consommateurs – surtout les jeunes générations – s’attendent désormais à ce que leurs commandes soient livrées le jour même ou le lendemain.
- L'« effet Amazon » : Pour répondre à l’« effet Amazon », c'est-à-dire à la demande des clients pour un service moins cher et plus rapide, et rester compétitives, les entreprises doivent modifier leurs réseaux de distribution.
- Fournisseurs locaux : Pour soutenir leur économie locale et réduire leur impact environnemental, les consommateurs se tournent de plus en plus vers des fournisseurs locaux.
Toutes ces tendances mettent à l'épreuve les réseaux de distribution traditionnels. Alors que beaucoup d'organisations avaient construit des méga-sites consolidés, nous assistons aujourd’hui à un changement : les centres de distribution de plus petite taille, conçus pour réduire drastiquement les délais, prolifèrent dans les zones urbaines et les régions.
3. La sous-traitance
Tandis que les entreprises reconfigurent leurs réseaux de distribution pour se concentrer sur leur activité principale, la sous-traitance gagne en popularité.
Les prestataires de services logistiques tiers (3PL) de toutes tailles gagnent de nouveaux marchés et doivent gérer une croissance rapide et des clients toujours plus exigeants.
Une tendance similaire vers les sources externes s’est produite en Europe il y a quelques années, ce qui explique l’écart de maturité important qui existe aujourd’hui entre les acteurs des deux continents. Les prestataires tiers nord-américains doivent donc rapidement renforcer leur expertise et leurs systèmes de gestion pour supporter leur croissance.
4. La pénurie de main-d’œuvre
Les opérations de logistique et d’approvisionnement n’échappent pas à la crise mondiale de la pénurie de main-d'oeuvre. Les organisations se disputent un bassin limité et doivent s’assurer qu’elles conservent leurs précieux effectifs.
Par conséquent, le défi consiste à attirer et, plus important encore, à retenir les talents internes. Les compagnies doivent trouver les moyens de rendre leurs activités attrayantes auprès des jeunes travailleurs et d’accroître les avantages associés à l'emploi.
Elles doivent certainement tirer parti du fait que la chaîne d’approvisionnement est désormais considérée comme un « service essentiel ».
5. La chaîne logistique en tant que service essentiel
Pendant la pandémie, les chaînes d’approvisionnement ont souvent été identifiées comme étant la cause des perturbations et pénuries. Les leaders ont alors joué un rôle clé, en dirigeant leurs équipes de façon à assurer le bon fonctionnement des sites de production et la livraison rapide aux clients.
Or, cette nouvelle attention portée sur la direction de la chaîne logistique a mis en évidence les faiblesses des responsables. Il est essentiel de développer les compétences des managers pour qu’ils puissent prendre la place qui leur revient et faire entendre leur voix.
6. L'automatisation et l'IA
Au fil des ans, les entreprises ont introduit l’automatisation, notamment pour faire face à l’augmentation de la demande, à la rareté de la main-d’œuvre et à la pression de réduction des coûts. Plus récemment, les cobots (ou robots collaboratifs) ont encore accéléré cette automatisation, grâce à leur faible coût, leur modularité et leur capacité à être déployés sur des sites existants.
Nous assistons également à une montée phénoménale de l’intelligence artificielle (IA). Celle-ci apporte une nouvelle dimension à la gestion des opérations, aux prévisions et à la prise de décision :
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Les systèmes peuvent désormais s’autoévaluer, s’ajuster ou proposer des options aux managers.
- Les simulations et les analyses sont désormais primordiales pour optimiser les opérations et veiller à ce que l’automatisation ne devienne pas un goulot d’étranglement.
Bien que les nouvelles technologies amènent une foule d'avantages, tels qu'une efficacité accrue, des capacités de prévision améliorées et une réduction des coûts de main-d’œuvre, les managers de proximité doivent apprendre à maîtriser ces innovations afin d'en tirer toute la puissance. Cela constitue un défi de taille pour les leaders terrain, dont la plupart doivent faire évoluer leurs compétences pour s'adapter à l'ère numérique.
Solutions pour réduire les goulots d’étranglement de la chaîne logistique
Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ne sont pas près de s’estomper. Les entreprises de logistique, d’entreposage et de distribution doivent optimiser leurs processus et s’appuyer sur des leaders solides pour faire face à la rareté de la main-d’œuvre, à la hausse des coûts, aux fermetures et à l’explosion de la demande.
Voici sept solutions pour y parvenir :
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Renforcer les compétences de leadership des cadres supérieurs à travers du coaching exécutif.
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Développer les habiletés de gestion des managers de proximité, afin de piloter la performance efficacement.
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Implanter ou optimiser des systèmes d’exploitation en matière de gestion (MOS).
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Rendre les organisations agiles pour s’adapter rapidement à l’évolution de la demande et à la croissance.
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Accélérer la mise en opération de nouveaux sites, grâce à un coaching axé sur la performance.
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Restructurer l'organisation et les processus de recrutement.
- Accélérer le processus d’intégration.
Bâtir une chaîne logistique résiliente pour assurer un avenir prospère
Face à l’évolution des attentes des consommateurs, aux perturbations mondiales, à la pénurie de main-d’œuvre et à l’essor des nouvelles technologies, les entreprises doivent repenser leur chaîne logistique pour gagner en agilité et en résilience.
Au-delà des processus et des outils, la réussite repose sur la capacité des leaders à s’adapter rapidement au changement, à mobiliser leurs équipes et à tirer pleinement parti des innovations. Les entreprises qui investiront dès aujourd’hui dans l’optimisation de leurs opérations, l’amélioration continue et le développement de leurs talents seront les mieux positionnées pour relever les défis de demain.

